Bloc-notes du dessinateur

L’œil et la main, au Musée des Beaux Arts de NANCY pour y croquer une sculpture remarquable.

« La misére » sculpture en bois de Jules DESBOIS 1887

Cette oeuvre, la misère, représentée par une vieille femme décharnée, en haillons est une

oeuvre exceptionnelle. Une figure symbolique de la fin du XIX éme siècle.
Le plâtre fit sensation au Salon de la Société Nationale des Beaux Arts en 1894.
La critique à l’époque y vit un chef-d’oeuvre, l’artiste fut consacré comme ; valeur sûre
de la sculpture française.
L’état commande une version en bois de chêne en 1896, celle-ci est conservée au
musée des Beaux Arts de Nancy.
Une esquisse en terre est conservée au musée RODIN.

Cette sculpture doit être appréciée dans la relation triangulaire suivante:

« Clotho » de Camille CLAUDEL

« L’hiver » d’Auguste RODIN

« La misére » de Jules DESBOIS

Le même modèle, une vieille italienne, Maria CAIRA posa pour ces trois sculptures.

Beauté déchue, ce motif devient une véritable  » vanité » à portée universelle, tradition des gisants et des transis du Moyen-Age et de la Renaissance.

Jules DESBOIS est né en 1851, décédé en 1935. En 1878, il rencontre Auguste RODIN.

Trois années plus tard, après une courte aventure aux Etat-Unis, il collabore avec RODIN, qui doit faire face à de nombreuses commandes .
La collaboration avec RODIN joue un rôle essentiel dans l’évolution artistique de DESBOIS;
Il se libère des carcans de sa formation classique et développe une esthétique plus personnelle .
La « Misére »de DESBOIS, version en plâtre est datée de 1887, date à laquelle il travaille sur
« La mort du bûcheron », on peut remarquer une similitude avec me motif du décor d’un vase de la
manufacture de Sévres, appelé « les Limbes et les Syrènes ». à voir au musée RODIN;
RODIN et DESBOIS faisaient partie du personnel non permanent de la manufacture , de
1879 à 1882.
La composition du décor est bien celle de RODIN, l’exécution est de DESBOIS;
Ce motif deviendra une source d’inspiration .
Sur « la porte de l’enfer » apparaît pour la première fois cette « vieillesse » en relief.
Ce goût pour l’étude des rides , goût réaliste,à de nombreux antécédents, par exemple:
-Marie Madeleine par DONATELLO
-Voltaire par PIGALLE

Cet intérêt est renouvelé dans les années 1880, -« La vieille Héléne de Camille CLAUDEL(musée des Arts décoratifs), plâtre qu’elle réalise en 1882, avant de connaître RODIN, et ses dessins, « les femmes desVosges »
( musée de Honfleur).

DESBOIS fut considéré comme  » un des meilleurs sculpteurs de son siècle » mais sa collaboration avec RODIN a occulté son travail, l’histoire ne retient que le nom de son maître.

Jules DESBOIS, sculpteur de talent ou imitateur de RODIN?

A voir à la Cathérale de NANCY une autre oeuvre de cet artiste, la statue de Saint Mansuy.

Au sujet de la vieilesse:

 » Ce que nous serons devenus, effacera le souvenir de ce que nous avons été »

Saint-Evremont 1612-1703
Epicurien- libertin.